UNE CONJONCTURE MEILLEURE ET UN MORAL EN HAUSSE

La situation économique en Isère s’améliore. Ce n’est pas spectaculaire mais la plupart des secteurs connaissent une embellie. Les services numériques sont dans une très bonne dynamique. Les services à la personne connaissent également une demande en croissance. Dans l’industrie les marges restent insuffisantes mais elles progressent. On observe également une reprise modérée des investissements qui étaient à l’arrêt depuis plusieurs années. L’activité dans le bâtiment repart également mais nous restons en retrait par rapport à d’autres régions. En revanche, les travaux publics restent sur des niveaux d’activité relativement faibles. Dans l’immobilier les volumes de transaction sont bons sans que cela se traduise, sur notre territoire, par une hausse des prix. Le commerce indépendant continue à souffrir, en particulier en région grenobloise. C’est aussi le cas de l’hôtellerie qui reste sur des taux d’occupation trop faibles.

Le phénomène marquant depuis quelques mois concerne les problèmes de recrutement. La plupart de nos entreprises, quelle que soit leur taille et leur secteur d’activité, nous font part de difficultés pour trouver des collaborateurs et les fidéliser. Cette situation serait parfaitement compréhensible si nous étions dans une situation de plein emploi, mais malheureusement c’est loin d’être le cas. Elle appelle des réponses structurelles à au moins trois niveaux. La question de l’adéquation des formations aux besoins des entreprises reste d’actualité. En formation initiale comme en formation continue nous devons être beaucoup plus attentifs aux besoins en qualifications du marché. Au-delà de ça, ces difficultés de recrutement concernent également des postes qui ne nécessitent pas de qualifications particulières. Là c’est la question de l’attractivité du travail qui doit être posée. Le travail doit être plus rémunérateur et les mécanismes d’assistance plus incitatifs au retour à l’emploi. Dans le même esprit  notre système d’assurance chômage doit être repensé  de façon à rendre la reprise d’emploi plus rémunératrice. Enfin nous devons nous emparer véritablement de la question du décrochage scolaire. Nos entreprises savent intégrer et former mais elles ne savent pas éduquer. Or, une frange de la population n’a pas le savoir-être minimal pour évoluer dans une communauté de travail.

 

Le moral des chefs d’entreprises s’améliore ; l’optimisme et la confiance prennent le pas sur l’attentisme et la défiance. La réforme du Code du Travail va clairement dans le bon sens et devrait faciliter la vie des entreprises, en particulier des TPE et PME. Cette réforme doit s’accompagner d’une trajectoire claire de baisse des dépenses publiques et d’une volonté plus affirmée de simplification administrative.

Enfin, au niveau local, nos entreprises et nos collaborateurs attendent beaucoup du réaménagement du rondeau et de l’A480. La congestion de l’agglomération est un frein majeur à son développement économique. C’est l’attractivité, la qualité de vie et l’avenir de notre territoire qui sont en jeux dans ce dossier.