Décret Retraites : une mesure inquiétante pour la pérennité financière des régimes de retraite et la compétitivité des entreprises

Le contexte économique exige de porter tous les efforts sur la réduction des déficits publics et la compétitivité des entreprises pour favoriser la croissance et l’emploi.

Nos régimes de retraite sont aujourd’hui en déficit. Il est très peu probable que l’équilibre des régimes soit atteint à l’horizon 2017 compte tenu de la non-réalisation des hypothèses de chômage et de gains de productivité du travail retenus au moment de la réforme de 2010. C’est pourquoi le Medef a dit clairement, depuis plusieurs semaines déjà, que l’élargissement du dispositif « carrières longues » pour des départs à la retraite à 60 ans, financé par une hausse du taux de cotisation vieillesse, n’était pas souhaitable. Nos arguments ont été partiellement entendus. Nous prenons acte d’une hausse de cotisations moins élevée que prévu. Mais le 0.2 point de cotisations pour 2013 (0.5 à l’horizon 2017) est préjudiciable à la compétitivité des entreprises françaises et pénalise le pouvoir d’achat.

Les contours exacts de la réforme annoncée restent à éclaircir : incidence sur le dispositif actuel des « carrières longues » pour des débuts d’activité avant 18 ans ? Impact sur les comptes de l’Unédic ? Surtout, l’effet de la mesure sur les autres régimes de retraite (AGIRC-ARRCO, régimes alignés, régimes de fonctionnaires) doit être évalué.

En ce qui concerne spécifiquement les régimes paritaires de retraite complémentaire, la situation financière est d’ores et déjà très préoccupante, en particulier pour l’AGIRC. La transposition de la mesure ne ferait qu’accélérer le péril.

La protection sociale doit être pilotée sur le long terme et les cotisations ne peuvent pas servir de variable d’ajustement. Le Medef demande, comme un impératif de compétitivité, le gel des taux de cotisations sociales dans l’attente d’une réforme globale portant sur le financement de la protection sociale.