Depuis de nombreux mois, à travers mes échanges avec les chefs d’entreprise ou lors des nombreuses réunions organisées par le MEDEF Isère un sujet revient constamment : les difficultés de recrutement.

Ces difficultés, il faut le souligner, s’observent quel que soit le secteur d’activité ou le niveau de qualification. Beaucoup de postes ne demandant qu’un faible niveau de qualification peinent à trouver preneur. Beaucoup d’entreprises qui sont prêtes à former les personnes ne parviennent pas à trouver les candidats et ce malgré le niveau de chômage que l’on connait…

Pourquoi ? Je n’aurai pas la prétention en quelques lignes de répondre à cette question, mais je veux simplement tracer quelques pistes.

La Formation Initiale : Chaque année près de 150 000 jeunes (« décrocheurs ») sortent du système éducatif sans aucun diplôme ; mais surtout sans  maitriser les savoirs fondamentaux. Nous avons là un défi majeur ; le problème n’est pas simple mais nous ne pouvons pas accepter ce gâchis humain.

L’orientation : Multiplicité des acteurs, images erronées sur la réalité des métiers… la question de l’orientation doit être repensée sans tabou et collectivement. Nos entreprises, nos branches professionnelles doivent également prendre une part bien plus importante dans l’information et l’orientation des jeunes. Combien de sections d’apprentissage aux débouchés assurés  et en manque de candidats, combien de filières universitaires qui débordent de candidats et attendent les débouchés…

L’employabilité : En France, 22% des adultes présentent de graves lacunes de compréhension (orale et écrite). Là aussi nous devons centrer nos efforts sur les plus fragiles, sur les possibilités de « seconde chance ». Nos entreprises savent intégrer, elles savent former mais elles ne savent pas éduquer. J’entends par éducation avoir une capacité de compréhension et un savoir-être suffisant pour évoluer dans une collectivité de travail.

L’attractivité du travail : Notre pays représente 1% du PIB mondial et … 15% des transferts sociaux. Ce record du monde de « social » a bien entendu un coût financier mais dans bien des cas il peut également constituer un frein à la reprise d’emploi. Le travail doit payer plus ! Dans cet esprit, tout ce qui permet de réduire l’écart entre le « brut-brut » (coût réel pour l’employeur) et le « net-net » va dans le bon sens ; toute reprise d’emploi doit se traduire par un gain significatif de pouvoir d’achat.

Nous fondons beaucoup d’espoir sur les réformes de l’apprentissage et de la formation professionnelle, mais ne rêvons pas ; l’impact se mesurera à moyen et long terme. Nous devons également prendre notre part. Beaucoup de nos entreprises revisitent, adaptent et diversifient leurs modes de recrutement. Mais au-delà, nous devons assumer un rôle  accru au sein de notre environnement : parlons de nos métiers ! Allons à la rencontre des jeunes ! Incitons nos collaborateurs à s’exprimer !

Pierre STREIFF
Président du MEDEF Isère_DSC5423