Peur de l’avenir, de la concurrence, de la mondialisation et du changement … A en croire les sondages et le poids des votes pour les forces politiques qui font de la peur leur fonds de commerce, nous serions le pays du pessimisme, de la tentation du repli et de la colère.

Ces sentiments ne sont pas infondés. Malheureusement, ils se comprennent et s’expliquent. L’intensification des mutations économiques ; la mondialisation et la rapidité des changements technologiques ne font pas que des gagnants. Le chômage de masse, le décrochage scolaire et le déclin de certains de nos territoires sont bien réels.

Pour les « forces de la peur », les réponses à apporter à ces vrais problèmes, se rejoignent dans les grandes lignes : renforcement des « protections » étatiques et réglementaires, traitement social, déficits, partage du travail, recherche de boucs émissaires, négation des contraintes budgétaires et des équilibres économiques, opposition systématique au changement. A des degrés divers, ces pseudos solutions ont toutes été utilisés depuis 40 ans… avec le succès que l’on connait. Au final, ils nous proposent d’intensifier ce qui ne fonctionne pas… histoire de foncer plus rapidement dans le mur.

Or, il ne nous manque pas grand-chose pour faire partie des gagnants dans la compétition mondiale et surtout pour que ces gains bénéficient à l’ensemble de nos concitoyens.

Dans mon mandat, je rencontre chaque jour des entrepreneurs qui se mettent à risque et qui sont prêts à conquérir le monde. Nous avons des énergies, des talents et une créativité formidable, en particulier au sein de notre jeunesse. C’est une réalité qu’il faut mettre en lumière plus souvent. Par ailleurs, un vent d’optimisme et de renouveau souffle depuis quelques mois dans notre pays. Nous souhaiterions des thérapies plus puissantes pour régler les problèmes structurels jamais traités, mais le mouvement amorcé va dans le bon sens.

La meilleure réponse aux « commerçants de la peur », c’est l’action et la pédagogie. Une action pragmatique, cohérente et constante qui s’inscrit dans la durée, sans prêter l’oreille aux commentateurs qui voudraient que les résultats précèdent les mesures.

Malgré nos errements, nous restons dans la course. Si nous donnons à nos talents un environnement fiscal, réglementaire et social similaire à celui de nos concurrents, nous réussirons. Si nous battons pavillon à la première houle, nous échouerons.

Soyons attentifs et exigeants mais ne négligeons pas la puissance de l’optimisme pour retrouver le goût de l’avenir.

Pierre STREIFF Pierre streiff dec 2015 V2
Président du MEDEF Isère