Le Ministre de l’Education Nationale a entamé un vaste programme de réformes de notre système éducatif pour le rendre plus performant. Espérons que, dans ce programme, il donnera une place importante à l’apprentissage.

En effet l’objectif d’avoir plus de 80% d’une tranche d’âge possédant le BAC est certes louable mais irréaliste et contreproductif. Cela conduit à un engorgement des universités avec comme conséquence ce système inique de tirage au sort des étudiants pour leur affectation dans les filières ce qui conduit, in fine, à ce que des jeunes, bac en poche, ne trouvent pas de travail car ils ne sont pas ou mal formés.

Dans le même temps, les entreprises ont les pires difficultés à recruter des professionnels qualifiés dans des métiers tels que la conduite de procédés, la mécanique, l’électricité, l’électronique, la soudure…Il vaudrait mieux sans doute, dès le secondaire, orienter les élèves les moins motivés par de longues études vers des filières professionnelles en apprentissage, avec le support des entreprises, comme cela se fait notamment en Allemagne.

Mais pour cela il faut, au niveau national, avoir un discours valorisant la filière d’apprentissage et ne pas la présenter comme une voie de secours pour ceux qui ont des difficultés scolaires. Il importe que l’apprentissage soit présenté, notamment par l’Education Nationale, comme une voie au moins équivalente aux formations dites « traditionnelles ». Il faut insister sur le fait que le bagage théorique technique est comparable à celui d’un cursus normal. Il faut valoriser auprès des jeunes et de leur entourage que la formation pratique reçue au cours du cursus permet de trouver un emploi très rapidement à la fin des études avec des niveaux de rémunérations au moins identiques à ceux des filières « traditionnelles ».

L’apprentissage, à tous les niveaux de formation, est en effet une voie d’excellence pour se former. On le voit bien dans l’enseignement supérieur qui, contrairement aux autres niveaux, continue de se développer avec un nombre d’apprentis en croissance grâce à l’excellente réputation de l’apprentissage parmi les étudiants (ce n’était pas le cas il y a encore 10 ans). Comme nous le constatons à Formasup Isère Drôme Ardèche, les meilleurs étudiants sont de plus en plus demandeurs de formation par apprentissage et cela dans toutes les filières. Les entreprises l’ont bien compris : Pour Formasup, on note un développement de la demande d’apprentis de l’enseignement supérieur dans les secteurs que nous couvrons : Il y a en Isère plus de 700 entreprises accueillant plus de 1000 apprentis. Pour les entreprises cela demande certes un investissement mais, en retour, cela leur permet de recruter plus facilement d’excellents collaborateurs qui sont directement opérationnels à la fin de leurs études et également d’avoir des contacts plus étroits avec le monde universitaire et les laboratoires de recherche. Les entreprises sont un rouage essentiel de la formation par apprentissage puisque sans elles il n’y a pas d’apprentis.

Nous, responsables d’entreprise, devons promouvoir le développement de l’apprentissage si nous voulons pouvoir recruter le personnel qualifié indispensable au développement de nos entreprises. Espérons que le gouvernement se donnera les moyens pour développer l’apprentissage car c’est l’une des voies pour diminuer dans le futur ce fléau qu’est le chômage des jeunes.

Patrick JEAMBAR
Président de FORMASUP Isère Drôme Ardèche edito photo p jeambar