C’est la première fois depuis très longtemps que l’on peut parler de véritable reprise économique avec des perspectives de croissance à 2% en 2018. A des degrés divers, plusieurs facteurs viennent alimenter cette croissance. La baisse des cours du pétrole a représenté plusieurs milliards de «pouvoir d’achat» supplémentaire pour notre économie. La politique monétaire de la BCE entretient des taux d’intérêt très faibles, et qui devraient le rester pour au moins 2 à 3 ans. En outre, nous bénéficions d’un effet «rattrapage», après une dizaine d’années de quasi-stagnation ; rattrapage d’ailleurs plus tardif en France que dans la plupart des pays voisins.

Sur le plan franco- français, nous bénéficions de la politique de l’offre (CICE) entamée sous la précédente majorité. C’est le premier étage de la fusée : baisser les charges pour restaurer les marges. Ces dernières étaient tombées à des niveaux historiquement bas. Elles restent encore trop faibles mais la capacité d’investir de nos entreprises est en partie restaurée.

Ensuite il faut avoir l’envie d’investir. Cela nécessite des commandes et de la confiance. De ce point vu, les réformes engagées ces derniers mois, les signaux envoyés et les perspectives de stabilité fiscale ont largement contribué à restaurer la confiance des dirigeants. De fait notre croissance est plus endogène. Les Français retrouvent une forme d’optimisme et c’est une vraie bonne nouvelle.

Cette reprise globale se traduit au niveau de notre département, avec un peu de retard pour le sud Isère. Pour la première fois depuis une dizaine d’années tous les secteurs économiques de notre département ont un bon, voire très bon niveau d’activité, à quelques exceptions près, dont notamment le commerce grenoblois. Enfin, la région grenobloise devrait retrouver dans les prochaines années des perspectives positives avec, nous l’espérons tous…le réaménagement du rondeau et de l’A480.

Le point noir ce sont les difficultés de recrutement. Avec plus de 9% de demandeurs d’emploi nos entreprises rencontrent les mêmes difficultés à recruter que si nous étions sur un taux de 5%… Lors des dizaines de réunions que nous organisons avec nos chefs d’entreprise isérois le sujet revient sans cesse sur la table et ce quel que soit le secteur d’activité et le niveau de qualification.

Différents problèmes structurels viennent expliquer ce «plein emploi à 9% de chômeurs» :

  • La question des décrocheurs scolaires avec plus de 100 000 jeunes par an qui arrivent sur le marché du travail sans diplôme, mais plus grave, souvent sans le savoir être minimal pour intégrer une communauté de travail.
  • La dévalorisation des filières techniques et de l’alternance au profit de filières générales sans débouché. Nous avons 50% des étudiants européens en psychologie, pour 13% de la population européenne…
  • Un système d’aides sociales et d’assurance chômage pas suffisamment incitatif à la reprise d’emploi. Ce dernier doit être réformé au moins sur quatre points : les règles d’indemnisation ; l’accompagnement des plus fragiles, le contrôle et la formation des demandeurs d’emploi.
  • Une mobilité insuffisante entre les différents bassins d’emploi qui appelle une réflexion globale, en particulier sur l’emploi dans les zones rurales.

Nous espérons donc que les réformes en cours, de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage seront à la hauteur des enjeux.

La baisse des dépenses publiques est le second chantier prioritaire. Dans ce domaine nous cumulons de tristes records : champions du monde de la dépense publique, podium de l’endettement, aucun exercice budgétaire équilibré depuis 45 ans, record des prélèvements sur les entreprises…

Le «risque» de la reprise c’est la tentation de la paresse et de la facilité. La reprise économique doit être une opportunité pour agir et s’attaquer à nos maux structurels : dépense publique, manque de compétitivité de nos entreprises, déficit commercial croissant, délitement de notre tissu industriel, sous–capitalisation et sous-investissement de nos entreprises….

En cette période de vœux souhaitons que l’élan réformateur se prolonge s’amplifie et s’approfondisse. C’est le bon moment !